Cet article pourrait commencer par « il était une fois, la naissance d’une Fédération … ».

De nombreuses années se sont écoulées après la première question liée à fédérer les trikers français. Des milliers de touches de clavier ont été enfoncées frénétiquement pour trouver des solutions, apporter un point de vue ou encore débattre de quelle manière nous pourrions y arriver.

Finalement, à chaque grande discussion il ressortait peu de décision mais l’idée fera son chemin dans la tête de certains trikers.

En 2011 le gouvernement a une idée. Mûrement réfléchie je suppose et longuement débattue avec les vrais usagers de la route. Motards, tripodistes, trikers, représentants de Fédérations…

C’est ironique évidemment. Le gouvernement ne parla à personne et décida donc de nous rassembler sous une même bannière, le jaune fluo !

Le déclic est là ! Mouvement de colère chez les motards, manifestations, slogans hilarants à la vue de l’absurdité de cette loi. En bref, les rouleurs de belles mécaniques commencent à se réveiller.

Pendant que la Capitale ainsi que les autres agglomérations transforment leur périphérique en air d’autoroute. Un triker a décidé de transformer son Trike Rewaco en un flamboyant char. Prêt à défiler dans les rues de Rio un soir de carnaval.

Pascal Camus alias Scorpion, vient de lancer un mouvement fédérateur, sans réellement se rendre compte que le 24 Mai 2011 la première pierre venait d’être posée.

A gauche photo de Pierre Saliba

Scorpion ne me sera présenté que bien des mois après le début du mouvement. Nous sommes en Aout 2011 et j’accompagnais un groupe d’adulte de St Charles ( 57 ) pour un tour de France en motos et trikes. Bon nombre de mes compagnons connaissaient déjà le personnage et nous décidons de passer le saluer à La Rochelle. Une première rencontre qui annonce la couleur car l’homme est déterminé. Il veut quelque chose de plus grand pour les trikers, il souhaiterait que d’autres trikers s’engagent pour faire front. On comprend que son trike, affublé de gilets jaunes et oranges, présenté devant les mairies et les préfectures ne sera pas sa seule action. Plus le temps passe et plus le mouvement rassemble. Le bureau des Trikers de France se complète avec des trikers qui viennent aider bénévolement. Même si la Fédération essuie des critiques, elle a le mérite de tenter quelque-chose.

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Ce rassemblement ne peut être raconté en quelques lignes. Décrire un périple qui m’emmena de Paris à Annemasse le vendredi afin de rejoindre Patrick et Nadia (Lorraine-Trikes), et être gentiment hébergé par leur famille. Le samedi, l’un de nous roulait sur la ferraille du pneu avant en direction d’Avignon. En compagnie de El toro et Martine qui se sont joint au convoi (trajet épique).
Le week-end n’avait pas encore commencé que nous étions déjà 3 équipages dévoués les uns aux autres. Nous avons dû trouver une concession Dafy d’urgence pour changer ce pneu. Patrick changea la roue à mains-nues. Ses mains semblaient être des étaux que l’inox et le fer ne pouvaient contrarier. Une heure suffira à El Toro et Patrick pour remettre le Cox sur l’asphalte et nous revoilà sur la route.

Quelques heures de retard me dites-vous ? Peu importe. Nous sommes tous là pour la « messe », et bien décidés à profiter de ce week-end. J’étais entouré de nom comme « La baronne », « Robocop », « Alvaro », « El diablo », « Nadia », « Kady », « les trikers fous », « Zap » représentant les BTW, « pingouin », « Nevada »… Des gens impliqués depuis longtemps dans la moto ou le trike. Je ne peux pas citer tous ceux qui ont aidé de près ou de loin à la réalisation du rassemblement, tellement la motivation et l’engagement étaient présents.

Le dimanche 27 Mai le Languedoc Chapter remettait plusieurs chèques à l’association « handicaps motards solidarité » en compagnie des Trikers de France et aidé par de nombreux bénévoles. Le soleil était présent, l’ambiance très décontractée, ce qui nous amena doucement autour d’une bière sur le front de mer.

Comment voulez-vous finir un week-end mieux que ça !? Nous étions loin des griefs des mécontents. J’en regardais certains allongés, le visage marqué d’un sentiment d’accomplissement. Un léger sourire sur les lèvres pendant que leur yeux, mi-clos, se perdaient dans l’écume… de leur pinte. Tout le monde aime la mer mais parfois y a d’autre priorité.

A quoi pouvaient-ils penser ? Je ne l’ai jamais su… J’aime à croire que la plupart se sentaient en terre alliée, qu’ils étaient heureux de profiter des instants simples de la vie sans pour autant devoir toujours débattre et argumenter face aux sceptiques. Ces deux jours n’étaient pas « politisés » ou engagés. Juste, deux jours de solidarités avec des copains. Comme devraient être les cinq autres jours de la semaine.

Quelques photos du rassemblement :